Jirô Taniguchi : entre BD et Manga

Bonjour à tous !

Dans mon dernier article concernant Moebius une gentille et jeune artiste m’a fait remarquer que j’avais omis de parler de la collaboration entre Giraud et Jirô. Je vais donc rattraper mon erreur et vous présenter ce grand mangaka moderne qu’est Jirô Taniguchi. Fortement inspiré par le style européen, venez découvrir un formidable auteur contemporain entre BD et Manga.

Au passage je vous invite aussi à découvrir le site de notre jeune artiste Sedeto. Merci pour la correction, il serait dommage de passer à côté d’un grand mangaka comme lui. Pour passer faire un coucou à Sedeto chan, c’est par là !

 

 

Jirô Taniguchi est né le 14 août 1947 à Tottori. La famille de Jirô n’est pas très riche. Son père travaille en tant que coiffeur et sa mère est une femme de ménage dans les salles de pachinkos. Jeune enfant à la santé fragile, Jirô passe beaucoup de temps chez lui à lire et à dessiner.

Jirô est un petit homme frêle à la voix douce et aux mains d’enfant. Il fait partis de ces mangakas qui décrivent la vie telle que nous la connaissons, la vie de tous les jours.

L’auteur le dit de lui-même :

« Si j’ai envie de raconter des petits riens de la vie quotidienne, c’est parce que j’attache de l’importance à l’expression des balancements, des incertitudes que les gens vivent au quotidien, de leurs sentiments profonds dans les relations avec les autres. […] Dans la vie quotidienne, on ne voit pas souvent des gens hurler ou pleurer en se roulant par terre. Si mes mangas ont quelque chose d’asiatique, c’est peut-être parce que je m’attache à rendre au plus près la réalité quotidienne des sentiments des personnages. Si on y pénètre en profondeur, une histoire peut apparaitre même dans les plus petits et les plus banals évènements du quotidien. C’est à partir de ces moments infimes que je crée mes mangas. »

 

 

Les mangas de Jirô sont délicats, poétiques, proches de leurs lecteurs et touchent des sujets existentiels qui poussent à la réflexion : La vie, la mort, l’amour, l’amitié, l’enfance, la vieillesse, les rêves et les déceptions.

Les œuvres de Taniguchi deviennent vite populaires en Europe et beaucoup de personnes sont touchées par ses mangas. Ce qui n’est pas le cas au Japon où ses œuvres ne font pas beaucoup d’émules.
La raison derrière tout ça est la forte influence de la culture européenne (surtout celle de la bande dessinée) sur Jirô. Que ce soit dans la construction de ses histoires aussi bien que dans son style graphique.

Graphiquement, le style de Jirô Taniguchi est fortement influencé par le mouvement dit de la « ligne claire » aussi appelé « style Tintin ». Popularisé par Hergé, la ligne claire est un style aux traits simples et aux couleurs en aplats. On y retrouve aucune forme d’ombre ni de lumière et les traits sont d’épaisseur régulière qu’importe l’élément qu’ils entourent.

 

 

Bunsho Kajiya, son agent en charge des droits internationaux déclare :

«Pionnier du manga adulte, son travail se rapproche du roman et par certains aspects, Taniguchi est plus proche de la BD européenne qu’il admire et suit de près, que du manga traditionnel.» Jirô Taniguchi est un auteur hybride qui a collaboré à l’occasion avec les maîtres d’ici tel Moebius pour une version SF du mythe d’Icare. Louis Delas, PDG de Casterman, qui le publie depuis une quinzaine d’années : «Au même titre que Tardi, Bilal, Loisel, Hugo Pratt ou Geluck, Jirô Taniguchi relève de la catégorie grand auteur grand public, et nous avons avec lui le même fonctionnement qu’avec eux : une relation directe, sans intermédiaire, alors qu’il y a des auteurs de mangas qu’on ne voit jamais et qui s’en fichent pas mal d’ailleurs.»

Jirô Taniguchi est un homme sensible qui attache beaucoup d’importance aux sentiments et à la beauté des choses : «Je voudrais qu’on retrouve une certaine sensibilité. L’homme a notamment perdu l’émerveillement à l’égard du monde naturel alors qu’il conditionne son existence.»

Ses récits sont plus lents, évanescents et précieux que la plupart de la production manga actuelle. Vous ne retrouverez pas d’action explosive ni de rythme soutenus. Tout se déroule sur un plan panoramique, en silence, comme si vous embrassiez du regard un vaste paysage rempli de détails.

Aujourd’hui, Jirô Taniguchi travaille dans son atelier de Kumegawa, un quartier de la ville de Higashimurayama (banlieue ouest de Tokyo). Il fut d’ailleurs admis en tant que chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en juillet 2011.

[box type= »download » style= »rounded » icon= »none »]

Si vous voulez découvrir le travail de Taniguchi je vous conseille les œuvres « clefs » suivantes :

1971
Un été desséché.
1987-1996
Au Temps de Botchan.
1994
Le Journal de mon père.
1998
Quartier lointain.
2000-2003
Le Sommet des dieux.
2004
Un ciel radieux.
2008
Un zoo en hiver, les Années douces. 24 novembre

[/box]

Et bien sûr, sa collaboration avec notre cher Moebius, Icare, publié au Japon en 2000 et en France en 2005.

 

 

Passez une bonne journée !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *